Poème Le sens de la vie 6, Jacques RAFFIN. Poésie Française est à la fois une anthologie de la poésie classique, du moyen-âge au début du XXème siècle, et également un espace de visibilité pour l'internaute, amateur éclairé ou professionnel qui désire y publier ses oeuvres à titre gratuit.
Chaqueannée, nous rencontrons au moins un élève qui manque de confiance en lui. Si j’ai déjà parlé de l’importance de l’estime de soi à l’école, et
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Tucrois que tu n'as plus dans ton ardeur fébrile, Tant déjà tu nous crois ébranlés, abêtis, Qu'à dévoiler la Foi, monstrueuse et stérile, Pour nous voir sur son sein tomber anéantis. À quoi bon le nier ? dans tes sombres peintures, Oui, tout est vrai,
Lajoie est l'identité du chrétien. Répandre la joie dans le monde, et l'Espérance dans la vie intérieure, cet idéal, cet apostolat, ce message divin destiné aux temps actuels, cette guerre qui porte la paix dans son sein, tout ce travail, nous avons à le faire en silence , sans éclat, dans l'humilité collective.
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Prendtoujours la vie dans le bon sens et avance Pensée d'Hamidou Saye sur Vie. Une citation au hasard ? >> Prend toujours la vie dans le bon sens et avance sans autres formes de procès. Citation d'internaute. Hamidou Saye. Historien, Geographe, Journaliste, Lecture, Mali, Mopti, 1986 Vous aussi, créez votre propre citation ! Vous avez inventé une citation et souhaitez la publier
Poème Le dernier souvenir, Charles-Marie LECONTE DE LISLE. Poésie Française est à la fois une anthologie de la poésie classique, du moyen-âge au début du XXème siècle, et également un espace de visibilité pour l'internaute, amateur éclairé ou professionnel qui désire y publier ses oeuvres à titre gratuit.
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Portrait de Léon-Paul Fargue par Raymond WoogExtrait de Léon-Paul FARGUE Lanterne magique1944POÉSIE La poésie, c’est le moment de le redire un peu plus fort, n’a jamais cessé d’être, en dehors des textes ou en dépit des textes, chose essentielle et que je m’obstine à croire, à quelque degré et dans quelque forme que ce soit, et sans qu’il s’en doute, aussi indispensable à l’homme que l’oxygène ou le charbon. Mais elle le devient plus que jamais dans les temps que nous vivons. C’est le meilleur contrepoison, l’Ãlot blindé où l’intelligence se rassemble, la pièce close où l’âme accablée s’accorde un moment musical. Le répit qu’elle peut donner nous ouvre parfois le seul refuge où l’esprit affolé puisse espérer retrouver l’ poésie, que les naïfs avaient crue morte, elle saute aujourd’hui d’entre les décombres et prend une chaleur nouvelle, comme un retour de flamme sort d’un crassier qu’on croyait éteint. Le besoin de poésie qu’éprouvent nos poumons intellectuels se manifeste donc dans le temps même que les hommes s’empêtrent dans des lignes de force. Profitons-en pour lui rendre, dans notre pays bouleversé, la place qui lui est due. Fortifions son rôle et son ne tenterai pas, une fois de plus, de circonscrire la notion de poésie. Je n’essaierai, après tant d’autres, d’en chercher une définition incomplète ou manquée. J’en ai fait, naturellement, de nombreuses. Et chaque fois que je croyais en tenir une, elle était déjà hors d’atteinte, et chaque fois que je me disais c’est la bonne, elle s’était déjà volatilisée Â La poésie, c’est le point où la prose décolle… C’est le moment que l’homme, assis prosaïquement “au banquet de la vie†dans une grande faim de bonheur, se sent l’âme mélodieuse à l’heure où, comme dit Villiers de l’IsIe-Adam, grand poète en prose, un peu de liqueur après le repas fait qu’on s’estime, se lève de table et se met à chanter… La poésie consiste à construire en soi, pour la projeter au dehors, un bonheur que la vie n’a pas voulu vous »C’est peut-être là de l’impressionnisme. Mais nous ne dirons pas avec le père Hugo que la grande poésie a pour matière tout ce qu’il y a d’estime en nous ; pas davantage avec Jouffroy que la poésie lyrique est toute la poésie ; moins encore, avec tel autre, que la poésie est un régime privilégié de catachrèses…Il reste aujourd’hui, de cette révolution calme et brillante que fut le Symbolisme, un document capital, une des définitions les plus exactes de la poésie qu’on puisse lire et qu’on devrait bien graver sur quelque pierre monumentale, celle qu’en donna Mallarmé Â La poésie est l’expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l’existence. Elle doue ainsi d’authenticité notre séjour et constitue la seule tâche »Cependant, la poésie est peut-être la chose du monde la plus immédiatement sensible. Nous avons senti et nous sentons tous, depuis longtemps et sans avoir besoin d’en parler, ce que c’est que la poésie, cette  gaie science » qui soulage un cÅ“ur trop lourd. Vous avez lu Verlaine. Il n’est d’ailleurs pas seulement question de lire des poèmes ou d’apprendre par cÅ“ur des pièces d’anthologie. Il n’est pas non plus nécessaire d’écrire en vers pour être poète. Chateaubriand, Rimbaud, Baudelaire, Aloysius Bertrand, Lautréamont sont de grands ou de parfaits poètes en prose. Mais il n’est même pas nécessaire de noircir du papier pour être poète. La poésie, je l’ai dit naguère et je le dis encore, exprime un état psycho-physiologique. Pour parler plus simplement, on vit ou on ne vit pas en état de poésie. Tout ce qui, dans la vie, n’a pas pour objet l’intérêt matériel, pour opération de l’esprit la pensée de tirer des autres le meilleur, vous donne droit à la bonne route et peut vous conduire à l’état poé bûcherons et les pêcheurs éprouvent sur place que la poésie existe par elle-même à la manière d’un murmure infiniment subtil et compliqué, que certains savent traduire avec beaucoup de bonheur. Et parfois les bergers s’entendent à ce jeu, dans leur forme et dans leur rêverie particulière, tout aussi bien que les professionnels. J’ai connu jadis un bon jardinier, municipal et taciturne, qui, lorsqu’il consentait à desserrer les dents, parlait des fleurs admirablement. Quant au poète-écrivain, eh bien, c’est un chasseur. Sa mission est de rapporter de la beauté pour tout le monde…Pour moi, je demande un cÅ“ur frais, l’esprit solide d’un vieil orme, l’âme simple et profonde, riche d’un génie, celui de la spontanéité dans la réussite, celui de l’image atteinte, celui de l’inflexion qui vous bouleverse, lorsque cette âme prend le parti de se faire connaÃtre par l’intermédiaire de la poésie française, une des plus difficiles du monde. Ce fut une des dernières confidences que me fit Albert Thibaudet, que je ne regretterai jamais assez. Avant de mourir innocemment, comme il avait vécu, notre Thibaudet me disait qu’il préparait quelques pages sur la poésie française, la seule qui ne souffre aucune médiocrité, ni sur le plan de l’inspiration ni sur celui de l’exécution ; la seule qui ne tienne aucun compte des intentions ; la seule enfin qui ait osé s’attaquer aux pièges les plus tentants du mystère, grâce à Rimbaud, à Mallarmé ou à Maldoror, et plus tard aux rigueurs mozartiennes du la poésie est aussi un grand calme qu’on entend, qui vous saisit et vous accélère, et elle est une sorte de scintillement permanent auquel il faut se donner. * * *
Voici un interview que j’ai réalisé récemment pour le magazine Santé Intégrative », d’abord parce que j’aime la poésie de Rilke, adorant le feuilleter de temps en temps pour me mettre en des états intérieurs entre rêverie et révélation spirituelle, ensuite parce qu’en la personne de ce jeune acteur Jérémie Sonntag, il y a une belle intégration entre la poésie, le théâtre et l’hypersensibilité vue sous l’angle venez de présenter un spectacle poétique consacré au grand poète Rilke, au théâtre du Lucernaire à Paris, pouvez d’abord nous parler de ce spectacle et de Rilke ?Pendant deux mois avril et mai 2013, j’ai présenté un solo poétique, consacré à Rilke, avec un montage de textes issus de toute son oeuvre, mélangé à de la video et de la musique. C’est comme une errance, un voyage pour se laisser aller et découvrir Rilke et son oeuvre. Celui-ci est né à Prague en 1875, au milieu de l’empire austro-hongrois. Il a commencé son oeuvre en allant à Paris, où il devint le secrétaire de Rodin, il a alors cotoyé le monde artistique de l’époque, mais il a décidé de s’en extraire, car il l’appréhendait beaucoup trop, et il est parti voyager seul dans toute l’Europe, afin d’en être le spectateur et écrire à son sujet. Il a décidé de ne rien avoir matériellement, pour voyager de mécène en mécène en se consacrant uniquement à l’écriture. A la fin de sa vie, un mécène lui a offert une petite maison en Suisse, où il est mort à 51 ans de leucémie. Rilke est d’abord un poète de l’hypersensibilité et de l’empathie. Il écrivait souvent très vite, d’une seule traite, quelquefois en une seule nuit, comme La chanson d’amour et de mort du cornette Christophe Rilke » ; ensuite il a évolué en essayant de construire un peu plus ses oeuvres. A la fin de sa vie, il a écrit en français, en particulier les poèmes autour de la rose qu’on a seulement retenus en France, au point de croire qu’il était mort d’une piqûre de rose, mais cela est faux et n’est pas du tout représentatif de son oeuvre. En fait Rilke est très éclectique, il a beaucoup mélangé les styles d’ avez-vous été attiré par Rilke, au point de le mettre en scène ? Depuis longtemps je caresse l’idée de me retrouver seul sur scène à dire de la poésie, afin de faire une expérience de communion avec les spectateurs. Je pense, en effet, que nous avons besoin de plus en plus de poésie dans ce monde actuel qui s’accélère et qui est dans des modes d’être très réactifs et très violents, en ayant perdu la liberté de prendre du temps et de se laisser aller en connexion à soi-même. Prendre un livre de poésie, c’est prendre ce temps de se laisser-aller, pour se remplir de mots et d’images. Je vois les gens, chaque soir au début il leur est difficile de mettre de côté leur aspect rationnel, explicatif, afin de juste s’abandonner, se poser là et laisser faire, sans rien rechercher, sans essayer de vouloir comprendre, pour se laisser rêver, se laisser aller à une divagation de mots et d’images. On se permet habituellement, juste le lâcher-prise du divertissement par le rire. J’ai eu envie d’aller à contre-pied de cela, pour se remplir de sensations, de beauté et de simplicité. Du coup, Rilke était clairement le poète avec lequel il fallait faire cela, parce que c’est un poète de la sensation et du sensible. Je voulais qu’on arrête de réfléchir, de se prendre la tête », afin de se laisser aller à soi et à la sensation. La poésie de Rilke, dès qu’on veut la saisir intellectuellement, la comprendre, elle vous échappe, il faut donc se laisser aller dans un état de très grande ouverture, de très grande disponibilité. On peut alors la comprendre, mais dans le sens de prendre à soi dans la sensation, en un endroit intérieur très profond et très cela marche avec le public ? Cela marche très bien. Je sens la salle qui cherche à comprendre au début, parce que dans la journée, au boulot, on n’arrête pas de chercher à comprendre, mais tout d’un coup ça lâche et je vois ces moments où ça lâche, ces moments où l’on s’abandonne, où on se laisse bercer par la beauté. Je ressens cela tous les soirs, à des moments différents, et tout mon travail est d’essayer d’amener le public à ce lâcher, et ça qu’il y a une autre raison plus personnelle de travailler sur Rilke ? Oui, en choisissant les textes de manière intuitive, je me suis aperçu qu’ils amenaient tous dans une même direction c’était le rapport à la sensibilité, l’hypersensibilité et l’empathie. Au début, j’ai été surtout attiré par Les Cahiers de Malte Laurids Brigge » parlant d’un jeune homme venant d’un pays étranger, qui se prend la grande ville en pleine figure, – c’est au début du 20e siécle, mais cela ressemble à l’immersion dans les grandes mégapoles actuelles avec leur foule, leur misère et leur violence. Ce jeune homme n’a pas de barrière entre lui et le monde environnant et les sensations de ce monde pénètrent en lui jusqu’à le terrifier. Souffrant moi-même de spasmophilie et d’hypersensibilité, j’ai toujours été très sensible à cette écriture, et j’ai appris en lisant la Correspondance de Rilke, que toute sa vie, il a eu des malaises, sans comprendre pourquoi. Les médecins de l’époque lui ont prescit des électrochocs ou des séances de psychanalyse. Il n’a pas voulu ni de l’un, ni de l’autre l’écriture sans doute était sa thérapie. A la fin de sa vie, un médecin lui a juste dit vous avez une maladie du grand nerf sympathique . J’ai pu moi-même vérifier cela avec mon médecin traitant en éprouvant tous les troubles de la spasmophilie. Ce médecin est même allé dans sa bibliothèque, chercher un petit livre, qui était des poèmes de Rilke qu’il aimait lire entre deux patients. Donc par rapport à ce que j’ai vécu, j’ai senti que j’avais besoin de dire quelque chose à cet endroit là, parce que Rilke décrit très bien la perte de soi au monde et le monde qui se perd en soi, et comment sortir de cet état là. J’étais un très bon vecteur pour cette parole-là. Comment sortir de cet état là » est-ce que Rilke fournit des clés ? Oui, et c’est le fil du spectacle dans une 1ère partie, Rilke est confronté au monde et à ses sensation désagréables, ensuite vient un moment où il en analyse pour ainsi dire les causes, avec des souvenirs des images d’enfance, – c’est presque une psychanalyse personnelle. Enfin, cela l’amène à se dire quelle chance j’ai d’être comme je suis ! », afin de juste tout accepter, en le transcendant et le dépassant, pour en faire quelque chose. Le leitmotiv de Rilke c’est de faire quelque chose avec l’angoisse. Toutes ces douleurs, c’est le ferment, c’est le terreau qui fait notre différence et qu’il est bon de cultiver en commençant par l’accepter pour en faire quelque chose, comme Rilke l’a fait avec l’écriture en trouvant un nouveau rapport au monde. Donc, je peux dire que Rilke m’a fait vraiment du bien. Par exemple lors de transport en commun, où la crise de spasmo » n’était pas loin, il m’est arrivé de m’apaiser en lisant du Rilke, car son écriture est foncièrement positive, lumineuse et va vers le beau. Le fait aussi de dire ces mots sur scène peut m’apaiser de toutes mes sensations troublantes ou violentes. Ainsi, j’aime beaucoup ce texte tiré de la dixième élégie de Duino » Nous gâchons nos douleurs. Désespérément, nous cherchons à l’horizon du temps Leur éventuelle fin, alors qu’elles sont notre verdure en plein hiver, Notre noire pervenche, L’une des saisons de notre année mentale Et pas seulement saison ; Elles sont lieu, résidence, base, sol, y a un texte aussi à la fin du spectacle, qui représente un apaisement ; il est issu d’une pièce de théâtre Ame d’hiver » se terminant par le monologue d’une femme aveugle qui raconte comment, depuis qu’elle ne voit plus, elle voit d’une autre manière Puis vers mes yeux le chemin s’est fermé Je ne le connais plus, Tout en moi maintenant, allant et venant, Tout est sûr, tout est sans soucis ; les sentiments Vont ça et là comme des convalescents prenant plaisir A circuler dans l’obscure maison de mon corps. Quelques uns font leur choix Parmi les souvenirs, Et les plus jeunes Regardent tous dehors … Je n’ai plus maintenant à me passer de rien Les couleurs sont toutes transcrites En bruit et senteur. Et retentissant d’une beauté infinie en sonorités… A quoi me servirait un livre ? Le vent feuillette à l’intérieur des arbres Et je sais ce que peuvent y être les mots Et je les répète souvent à voix basse. – Et la mort, qui cueille les regards comme des fleurs, ne trouve pas mes yeux… »La dernière phrase pour les hypersensibles est importante, car elle évoque le rapport à la mort imminente, très violente dans les crises et malaises, elle me fait du bien, elle ouvre vers quelque chose de quelle manière vous sentez-vous aussi différent de Rilke ? Il y a une grande différence Rilke, parce que son rapport au monde était trop compliqué, a choisi de s’enfuir, de vivre seul, d’écrire en étant spectateur avec comme seule relation aux gens, le rapport épistolaire. Il y a une sorte de perte du contact avec le monde et les autres en une solution extrême, où je ne me reconnais pas. Au contraire par le théâtre je provoque le contact, et le contact avec le public est très fort. Je sens énormément les gens – c’est d’ailleurs ce qui différencie le théâtre du cinéma – c’est un vrai moment de partage, d’échange et de communion. Tous les comédiens se ressemblent pour cela, mais moi, étant hypersensible, c’est peut-être plus fort, et avec un texte comme celui-ci, encore plus que le spectacle touche à sa fin, pouvez-vous en tirer un bilan ? Ce spectacle rencontre un très fort écho, d’abord par rapport à la poésie – les gens en ont besoin -, ensuite par rapport à Rilke et la sensation. Cela fait du bien de savoir que les gens ont besoin de se poser, de se laisser aller à rêver, à divaguer, afin d’aller à la contemplation. C’était un véritable pari que de proposer un spectacle de poésie, à 18h 30, sur Rilke qui n’est pas très connu en France, hormis ses Lettres à un jeune poète ». Le public est venu surtout par le bouche à oreille. Les gens étaient nombreux et beaucoup n’arrivaient pas à quitter la salle après la représentation, se sentant vraiment bien. Certains m’écrivent des lettres pour me remercier ; l’autre jour à la fin d’une représentation je suis resté avec un groupe de jeunes de 18 à 20 ans, je ne pensais pas qu’ils pouvaient être intéressés par Rilke ; en fait cela fut pour eux une vraie révélation, quelque chose s’est passé, peut-être parce qu’il y a une partie dans le spectacle que l’on peut mettre en parallèle avec la sortie de l’adolescence et la confrontation au monde, peut-être parce que nous avons voulu dans la mise en scène que le spectateur soit baigné dans une atmosphère visuelle et sonore en plus des textes, ce qui permet à certains, – puisque nous sommes dans une société de l’image -, une autre porte d’accès aux mots. J’ai donc découvert le bonheur que la poésie puisse être partagée et que cela puisse être très important pour les gens hypersensibles. Il y a beaucoup de gens hypersensibles, faisant par exemple des crises de spasmophilie, qui sont venus me voir pour me remercier, car le cheminement du spectacle leur a permis d’explorer leur propre angoisse, en leur montrant qu’ils pouvaient aller au delà. C’est aussi une très belle porte d’entrée pour ma compagnie, que je viens de fonder avec Florian Goetz. Elle va continuer à porter ce spectacle avec une tournée en province et une présentation en 2014 à Avignon. C’est aussi le point de départ de nouveaux spectacles tournés vers la poésie et la littérature, afin d’amener des textes d’auteurs, que l’on connait sans connaître, dans une mise en scène contemporaine, pouvant permettre de changer l’image de la poésie vieillie et poussiéreuse », surtout auprès des jeunes. Tout le but de ces spectacles sera de faire sortir le public de ses préjugés, de ses images préconçues. Des gens sont venus me dire je n’aime pas la poésie, mais là merci ! Demain je vais aller acheter des livres et lire de la poésie . Cela c’est le plus beau compliment, pour moi, c’est réussi, et les prochains projets iront dans ce sens comment donner une étincelle de vie à certaines oeuvres un peu que vous pouvez aussi nous parler de votre compagnie dans la variété de ses activités ? La compagnie donne aussi beaucoup de formation et de pédagogie dans les écoles, – c’est surtout le travail de Florian Goetz – avec un pôle de recherche pour les enfants dyslexiques, pour les enseignants afin de leur apprendre à être sur scène, savoir placer leur voix, gérer une salle, prendre conscience du groupe et pour les enfants savoir écouter et être ensemble. La compagnie s’occupe aussi du 3e âge, notamment dans son rapport à la mémoire. Personnellement, en tant que comédien, je travaille aussi avec d’autres compagnies dans les prisons, ou pour faire du théâtre forum et citoyen ». Un spectacle dans une prison, ça fait du bien, ça fait revenir à l’essentiel, ça fait sortir le théâtre de là où il est habituellement. J’ai mis en scène un spectacle pour enfants, je joue de la musique, je suis aussi chanteur… En ce moment, je pars pour un spectacle de rue sur les faits divers, les tueurs en série, pour présenter notre rapport à la peur, afin d’interroger notre regard de voyeur ou d’identification à la victime. J’aime varier les univers pour les rassembler ensuite, pour ne pas les mettre dans des cases, pour transformer la vision traditionnelle du Les arpenteurs de l’invisible interviews, poésie, psychothérapies Cette entrée a été publiée le dimanche 21 juillet 2013 à 21 h 17 min, et rangée dans Non classé, poésie. Les commentaires et les pings sont pour le moment fermés.
Sadie MILLERGroupe SolitaireLieu de vie Dans une planque en zone gris clair, non loin du district violetRôle /Proches Son frère jumeaux, Sloan MillerAncien métier Mécanicienne auto/motoOriginaire de San FranciscoPorteur Sain NonLe sait-il ? NonSes armes Un arc avec des flèches et une très grande clé à moletteSport pratiqué Dès l'âge de 8 ans escaladeDès l'âge de 12 ans Tir à l'arcAutre précision Sadie est une femme assez lambda concernant ses aptitudes cependant on peut noter que elle a une bonne acuité visuelle et qu'elle réfléchit assez vite. On la qualifie d'ailleurs de débrouillarde. Carnation Blanche de peau avec de petite tâches sur le nez, partant de manière éparse vers les joues. Elles sont très peu visibles. Taille Elle mesure un mètre poids Assez sèche, elle a des muscles discrets, mais ciselés. Elle souhaiterait être plus athlétique cependant. Elle pèse soixante Châtain foncé, assez raides avec un peu de volume en racine. Yeux De couleur noisetteSignes distinctifs Quelques cicatrices bénignes sur les doigts dû à son ancien job. Elle a gardé une marque foncée comme une brûlure à l'intérieur de son bras près de son aisselle, dû au claquage de la corde de son arc un jour d'entrainement. Elle était mal équipée, mal positionnée et ce souvenir s'est ancré dans sa Sadie a quelques croyances qu'elle garde pour elle concernant les pierres. Elle possède un collier muni d'un pendentif en jade, acheté en Chine lors d'un voyage. Elle le cache sous ses vêtements la plupart du est entière et passionnée. Assez franche elle a cependant appris a ne pas toujours dire ce qu'elle pense. La vie lui a apprit à mettre quelques coudes de filtres sociaux pour préserver les autres de son tempérament un peu trop brut. Mais c'est ce qu'elle est un diamant brut, pas encore taillé, à peine érodé. Sous ce tempérament de feu se cache quelqu'un de sensible, presque vulnérable. Elle est comme un oignon et lorsqu'on enlève les couches supérieures, qu'on prend le temps de la découvrir, elle se révèle être une amie fidèle, pleines de valeurs et d'amour. De l'amour elle en a maintenant plein, pour son frère qui, lui aussi, s'est retrouvé seul. A côté de ça elle est la tête-brûlée de la bande généralement. Quand il y en a un qui doit aller au front, c'est constamment elle. L'agitatrice, celle qui dérange par son honnêteté. Mais on l'aime comme ça ou on la déteste. Toute entière. Elle n'a malheureusement pas connu l'amour d'un homme ou d'une femme pour se connaître dans ce genre de situation mais nul doute qu'elle donnerait beaucoup a cette personne. C'est certain. Sadie et Sloan sont jumeaux. Ils sont nés à San Francisco et ont grandi dans sa banlieue au domaine familial. La maison n'était pas grande, mais elle était pleine de vie et d'amour. Les histoires tragiques commencent toujours comme ça. C'était une enfant turbulente, espiègle, curieuse, bavarde, hyperactive, le genre qui ne tenait jamais en place. Pour la canaliser, ses parents l'avaient inscrit à un club d'escalade en espérant qu'une fois que sa concentration et ses petits muscles mis hors service par l'effort, elle rentrerait, mangerait et dormirait comme un loir. Cela marcha le temps que son corps s'y habitue et, ensuite, ce n'était plus assez. Elle allait à l'école, se faisait des amis, luttait contre l'injustice à son échelle, courrait partout et sautait sur les bancs. À l'époque, elle avait les cheveux très courts pour éviter tout accident impliquant du feu, de l'eau, des substances poisseuses ou pire, des poux. Ses parents souhaitaient s'éviter un maximum de problèmes supplémentaires. Elle embarquait son frère dans toutes ses aventures, des fois malgré lui. Sadie n'était pas très studieuse, bien plus douée de ses mains. Une passionnée, casse-cou, qui voulait apprendre en faisant et en cassant. Pour elle le mot échec n'était qu'un synonyme sous-estimé du mot réussite. Elle s'intéressa alors très vite au fonctionnement des choses, démontant les jouets mécaniques et autres appareils de son grand frère. Pourquoi quand elle appuyait ici, ça faisait du son ? De quoi venait ce prodige très exactement ? Sloan l'aida à passer son permis. Malgré son cursus naissant dans la mécanique automobile, Sadie ne savait pas faire autre chose qu'appuyer rageusement sur les pédales, calant et faisant faire des à-coups à la voiture. Heureusement que l'adolescent était patient parce que d'autres l'auraient très certainement passé par la fenêtre du véhicule. Plus les années avançaient, plus elle comprenait que le théorique n'était pas pour elle. Ses parents étaient fiers de la voir aussi déterminée et, surtout, de se donner les moyens. Car la jeune femme entière qu'elle était en train de devenir travailla d'arrache-pied au moment où elle avait trouvé sa voie. La mécanique était un bon début et entre deux clubs de sport, elle traficotait des robots et quelques drones dans sa chambre. À dix-sept ans, on pouvait dire qu'elle vivait dans un sacré capharnaüm électronique et mécanique, mais elle était heureuse comme ça. Lorsque Sloan quitta la famille pour Lancaster à dix-neuf ans, ce fut un crève-cœur pour elle. Eux qui avaient toujours été ensembles, dans la même école, les mêmes coups fourrés et parfois les mêmes activités, devaient dorénavant faire bande à part. Elle n'était pas, ce qu'on pouvait appeler, une fille conventionnelle. Elle ne s'intéressait pas aux mêmes choses que les autres, sans pour autant les répudier. Ce n'était simplement pas dans ses priorités. Pour autant, elle ne se négligeait pas et ne se considérait pas autrement qu'une femme. Se mettre en valeur, choisir ses vêtements avec soin, connaître ses qualités et ses défauts physiques... tout ça, elle avait appris avec le temps. De la même manière, elle comprit qu'elle avait un visage appréciable quand il n'était pas taché de la gent masculine et lorsqu'elle se coiffait correctement, elle était mignonnette. Cependant à aujourd'hui, tout cela n'avait plus aucun sens. De nature zélée et plutôt casse-cou, on pouvait aisément dire qu'elle avait revu cette ambition à la baisse de nos jours. Le quotidien présentant bien assez de défis, elle n'avait pas besoin d'y mettre du sien au rien de s'attirer des problèmes supplémentaires. Quelque part, ça l'avait assagi cette apocalypse. Ça... et puis la perte de ses parents. En octobre 2034, Sadie se barricada dans son appartement. Elle ne voulait pas quitter son chez elle et hélas, celui-ci ne faisait pas partit de la zone sûre. Ses parents firent d'ailleurs de même dans leur pavillon, condamnant même des pièces en rapatriant les vivres autour de la cuisine et la salle de bain. Cette situation dura jusqu'à fin décembre un peu avant l'agenouillement de la ville face à la horde, moment où la jeune fille n'avait plus une seule pâte qui traînait, ni même un fond de boîte de conserve à racler. Elle n'avait plus de communication avec ses parents depuis quelques semaines et elle entreprit de faire le chemin jusqu'à chez eux à vélo. Elle découvrit, pour la première fois depuis un moment, les rues de sa ville. C'était désertique, tendu, angoissant. Des murs furent montés non loin de chez elle, avec des barbelés et des fortifications. Par précaution elle prit son arc, ses flèches et une clé à molette désignée comme "sa clé fétiche". Cet outil ne vivra peut-être pas longtemps, mais au moins il l'aidera à passer de potentiels dangers. Il faisait froid, le temps n'était pas au beau fixe, mais elle s'en fichait avancer, c'était tout ce qu'il comptait. À mi-chemin, la panique lui étouffa la gorge alors que ses jambes chauffaient sous l'effort et s’il leur était arrivé malheur ? Et si... non, ce n'était pas sain un tel raisonnement et il n'y avait pas le temps pour un mental faible. Au loin, elle croyait distinguer des formes humaines, mais l'adrénaline la portant, elle refusait de s'arrêter. Elle avait peur. Peur pour elle, pour ses parents, pour le monde. C'était réel, elle l'attestait de ses yeux. Le domaine ne ressemblait plus à rien. La jeune fille du grimper à une gouttière et passé par un velux pour entrer dans la maison. De la poussière s'était accumulée et il y régnait un silence de mort. Mort, c'était bien le mot. Lorsqu'elle rejoignit le plus discrètement possible le salon et les pièces qui ne furent pas condamnés, elle les vit étendus sur le sol. Ils n'avaient plus rien d'humain, ils n'étaient même plus entiers. Un trou dans le mur plus loin était visible, entré qu'elle n'avait pas vu lorsqu'elle était arrivée. Il y avait eu des signes de lutte, mais ils n'avaient rien pu faire. Non sans pleurer toutes les larmes de son corps, elle évacua ses parents dans le jardin à l'aide de plusieurs objets, sans jamais les toucher. Elle creusa un trou avec la force du désespoir, et jeta les corps enveloppés dans des draps ensanglantés. Avec les quelques substances inflammables qu'il restait dans la maison, elle aspergea tout ça et y craqua plusieurs allumettes. Elle pria le ciel, la terre, serrant fort la pierre en jade autour de son cou. Elle leur souhaita tout le meilleur du monde dans cette nouvelle vie, dans cette après-vie, regrettant de n'avoir pu les défendre ou leur dire au revoir. C'était maintenant à elle de se réapproprier le domaine familial. Les jours passèrent où elle fit des travaux -le plus silencieusement possible-, reboucha le trou dans le mur, bâcha de grandes parties de la demeure et nettoya à coup de javel le carrelage où la rixe eut lieu. Sadie s'assura qu’aucun Enragé ne traînait dans la bâtisse et elle se calfeutra à l'intérieur. Elle passa des jours et de jours à fabriquer des flèches et à garder une certaine forme physique. Elle descendait dans la cave pour faire quelques entrainements. Les nouvelles étaient de pire en pire et lorsque la radio s'éteignit, elle comprit qu'elle était définitivement seule. Il n'y avait plus personne. Fatiguée, sur le qui-vive et dans une rage perpétuelle, elle se réveilla en sursaut arc à la main et flèche encochée pour accueillir le mouvement extérieur. La jeune femme s'était fait une sorte de mirador par lequel elle pouvait observer sans être vue. Son coeur fit un bon dans sa poitrine lorsqu'elle reconnut son frère, Sloan, dans un piètre état. Ouvrant un velux, elle se posta sur le toit et tira une flèche à ses pieds encochant immédiatement la seconde au cas où il se montrerait hostile. Enragé, ou pas ? Mais son attitude montra qu'il était là, bel et bien vivant non sans heurts. - Monte par la gouttière et rejoins-moi. Ramène la ne parla pas fort pour ne pas alerter le quartier, et laissa son frère se débrouiller. S'il arrivait jusqu'à elle, alors ce serait la preuve qu'il n'était pas des leurs. Sloan et Sadie ne purent rester dans la maison familiale longtemps, les hordes s'approchant de la ville principalement par les banlieues ils allaient être en surnombre. L'ancien vélo de son frère étant dans le garage, ils purent rejoindre l'appartement de l'archère non sans avoir dû suivre un vrai parcours du combattant. Ce fut à cette initiative qu'elle rencontra, de près, des Enragés pour la première fois. D'habitude, les ayant toujours tenus à distance, elle ne s'était pas rendu compte de la véritable menace. Encore une fois ici, elle était bien réelle. Ils prirent le temps de récupérer des vivres et des médicaments, avant de se remettre en route. L'immeuble était intact, mais les vitres des premiers étages avaient été brisées. Ils s'infiltrèrent alors dans le bâtiment, évitant les combats inutiles. Dans les escaliers des plus hauts étages, des barricades furent faites de meubles et autres matériaux. Ils contournèrent tout cela, sautèrent par-dessus, jusqu'à l'appartement tant convoité. Ici encore, il fallait être vigilant. À l'intérieur personne. Pas de trou dans les murs, et les vitres étaient intactes, une aubaine. Sadie referma la porte et ils la fortifièrent comme ils purent. Leur calvaire ne faisait que continuer et l'endroit était-il finalement vraiment si sûr ?
poésie prends la vie dans le bon sens